Programme Philippines

Tiglawigan – Ville de Cadiz- Ile de Negros – Philippines

 

Programme d’aide aux sinistrés suite au Typhon Haiyan de novembre 2013

 

Historique du projet

Suite au passage du typhon Haiyan sur le centre des Philippines et après concertation avec son partenaire sur place, la fondation Virlanie, Pompiers Solidaires a décidé dès le 10 novembre 2013 de déployer son Unité de Secours International (USI) sur place. Après avoir effectué une évaluation  sur l’île de Panay, les efforts ont porté sur la ville de Tacloban où Pompiers Solidaires a travaillé dans le domaine des soins médicaux, de la distribution de nourriture et d’eau potable.

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Le bilan pour les Philippines est de plus de 7 000 morts, 100 000 blessés et des centaines de milliers de sinistrés et déplacés, un bilan très lourd dans ce pays déjà accablé par les catastrophes naturelles.

Cette intervention est survenue avant le lancement d’un programme de coopération en préparation depuis le mois de septembre 2013 et qui devait commencer au premier semestre 2014 entre Pompiers Solidaires et la fondation Virlanie. Elle ne fait que renforcer la motivation des membres des deux associations pour unir leurs efforts dans cette période d’aide au retour à la normale et pour la mise en place d’un programme de développement pluriannuel.

Une mission d’expertise réalisée en décembre 2013 a permis de fixer les objectifs de ce programme dont la phase « travaux » a pu commencer dès le mois de février 2014.

 

Analyse de la problématique initiale :

Ecoles de Tiglawigan

Le passage du Typhon Haiyan a fortement déstructuré le fonctionnement des écoles de Tiglawigan qui accueillent 2 200 enfants de 2 à 16 ans :

- Certaines salles de classes sont complètement détruites et définitivement inutilisables (3 sur 27 dans l’école élémentaire)
- D’autres salles nécessitent des réparations urgentes pour la sécurité des enfants accueillis (3 sur 27 dans l’école élémentaire)
- L’ensemble des autres locaux nécessite des travaux visant à les pérenniser
- Lors de la saison des pluies, certains locaux sont inondés et des risques liés à un défaut d’écoulement des eaux de pluie sont récurrents
- L’accès à l’eau est quasi inexistant (estimé à 0,5 litre par jour et par enfant)
- Aucune zone de lavage des mains (et des dents) n’est fonctionnelle
- Seule deux latrines dans l’école élémentaire (non alimentées en eau) fonctionnent pour 900 personnes (enfants, enseignants et personnel technico-administratif)
- Dans les trois autres établissements scolaires, des blocs de sanitaires ne sont pas détruits mais n’ont plus aucune connexion à un réseau d’eau et ne sont donc pas utilisés
- Les notions élémentaires en matière d’hygiène, santé et prévention des risques ne sont pas connues
- L’alimentation électrique des écoles n’est plus assurée (aucune date de remise en service ne peut être donnée par les autorités)

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Barangay de Tiglawigan

Ce quartier abritant plusieurs milliers de familles, déjà économiquement très fragile avant le typhon, se trouve dans une situation très délicate :

- La quasi-totalité de l’outil de travail (bateaux essentiellement) est détruite.
- Les habitations très endommagées ont été sommairement rebâties.
- Seuls quelques puits d’eau saumâtre ou contaminée et en mauvais état sont opérationnels.
- Il n’existe pratiquement pas d’accès à l’eau potable.
- Seules 10% des familles ont accès à des latrines (souvent en très mauvais état).
- Les effluents et autres déchets partent directement à la mer.
- Aucune notion élémentaire en matière d’hygiène, de santé ou de prévention des risques n’existe.
- Des risques d’effondrement de terrain sont très importants au niveau de la zone de réparation des filets de pêche.
- Des risques d’inondation sont possibles suite aux précipitations dues aux cyclones. Ce risque est accentué par un manque de canaux d’évacuation.
- Aucun système de collecte et valorisation des déchets n’existe.
- Bien que les pratiques de faire bouillir l’eau soient courantes dans le barangay (et en règle générale aux Philippines), la situation de précarité des populations sinistrées ayant perdu tout repère de leur vie quotidienne peut générer de mauvaises pratiques d’hygiène.

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Impact et viabilité du projet 

 

Après le typhon, les communautés sinistrées ont reçu de l’aide humanitaire inégalement répartie. Par ailleurs, la situation de précarité des sinistrés et le degré de destruction de certaines zones indiquaient que les populations sinistrées demeureraient plusieurs mois, voire années dans une situation rendant peu viable les systèmes de distribution d’eau potable.

De ce fait, il était essentiel, dans une zone où confluaient de tels problèmes humanitaires, d´offrir des réponses intégrales dans le secteur de l’eau, l’hygiène et l’assainissement (EHA). C´est pour cela qu´à travers ce projet, Pompiers Solidaires et son partenaire, la Fondation Virlanie prétendaient développer une action intégrale dans ces trois secteur afin de lutter de façon effective contre la propagation des épidémies. Cette intervention qui était sectorisée sur le barangay de Tiglawigan avec une réhabilitation totale des quatre  écoles, a couvert environ 8 000 personnes directement et plus de 12 000 par effets indirects.

La préservation de la santé publique de nos populations cibles étant notre objectif ultime, nos activités dans le domaine de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène ont été destinées à la prévention et à la mise en place de barrières sur les principales voies de contamination et de transmission des maladies liées à l’eau et au manque d’hygiène :

•  Maintenir dans les valeurs normales les taux d’incidence des maladies d’origine hydrique et réduire les risques de déclenchement et de propagation d’éventuelle épidémie dans la zone
•  Assurer l’accès à l’eau et aux structures d’assainissement de la population sinistrée selon, au minimum, les standards SPHERE.
•  Rendre les systèmes d’eau et d’assainissement le plus autonome et durable possible ; ils sont désormais gérés par les communautés bénéficiaires sans difficulté majeure.

Les formations à l’Éducation Préventive Communautaire et à la sensibilisation à l’hygiène semblaient adaptées à la situation du pays, les acteurs locaux s’étant appropriés progressivement la formation afin de la diffuser à la population.

 

Impact

 

Correspondance entre le besoin et la demande exprimée :

Une très forte demande pour un accès sécurisé à l’eau était présente partout sur le barangay. Le choix de l’action s’est donc porté sur une population très fragilisée d’environ 8 000 personnes et des 2200 enfants de 6 à 12 ans de tout le barangay. La population bénéficiaire par effet indirect est donc estimée entre 10 à 12 000 personnes dont 50 % a moins de 20 ans.

Les autorités philippines se sont engagées à reloger un millier de familles dans le barangay, sur un champ de canne à sucre implanté face à l’école élémentaire et à donner priorité aux habitants résidents sur une zone très fortement soumise à l’érosion et aux différents phénomènes climatiques de plus en plus fréquents et violents (zone côtière de 400 mètres). Il a donc été convenu avec les autorités municipales de rester dans la même zone et de nous occuper des familles exclues de ce programme et n’ayant quasiment aucun moyen financier.

Les besoins en systèmes d’assainissement fiables et l’accès aux latrines étaient une réalité quotidienne des populations de Tiglawigan et des enfants scolarisés dans les quatre écoles du quartier. Les établissements scolaires devaient être la cible prioritaire ainsi que tous les hameaux du barangay présentant les prédispositions (éducation, possibilités techniques, etc.) en matière d’hygiène.

Une demande en formation sur l’hygiène, la santé et la prévention des risques était également importante. Elle a ciblé tous les enfants scolarisés du barangay car ils seront vecteurs de la transmission de l’information dans les familles   (le nombre de personnes sensibilisées peut être estimé à 5 000). D’autre part, les enseignants des quatre établissements scolaires et les acteurs locaux ainsi que les décideurs politiques, institutionnels et associatifs ont été formés à l’éducation préventive communautaire.

 

La pérennisation :

La pérennisation a été considérée dès le démarrage de l’action initiale de la façon suivante :

-  La sensibilisation et la formation des acteurs locaux permettaient l’identification progressive des « promoteurs de santé » dans les différents domaines, permettant à terme de générer et démultiplier les formations/informations, rendant le dispositif de transfert de savoirs et savoir-faire pérenne. Les formations ont fait l’objet de délivrance d’attestations.
-  La présence permanente de personnel technique sur les établissements scolaires et de groupes actifs de parents (appelé « Brigades ») permet un entretien périodique des installations d’eau et d’assainissement.

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-  La création d’associations des usagers de l’eau devant assurer la rentrée des paiements pour l’eau et les sanitaires de façon à assurer la maintenance, l’entretien et l’éventuelle extension des réseaux.

DESCRIPTION DU PROJET ET RÉSULTAT FINAL :

Après une courte période de recherches de fonds et de conception technique des installations et constructions, les premiers travaux ont débuté sur le « chantier test » de l’école élémentaire de Tiglawigan en septembre 2014. Le suivi des chantiers qui se multipliaient dans le Barangay a nécessité la mise en place d’une personne expatriée de Pompiers Solidaires durant toute l’année 2015 puis d’une coordinatrice locale de l’ONG jusqu’à la fin du programme :

-  L’eau potable est désormais accessible aux 1 400 enfants des 3 écoles élémentaires ainsi qu’aux 800 élèves de l’école secondaire. Chaque école dispose de son réseau d’eau alimentant tous les sanitaires, les lieux de lavages des mains et des dents ainsi que les « coins hygiène » réalisés dans les classes. Des analyses bactériologiques fréquentes confirment la bonne qualité de l’eau.

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Tous les sanitaires des écoles primaires et secondaires de Tiglawigan sont opérationnels, correctement reliés aux fosses septiques. De nombreuses formations pour les personnes chargées de la maintenance ont été réalisées durant l’ensemble du programme pour assurer un parfait fonctionnement des installations.

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Les premières formations en matière d’hygiène ont eu lieu dès décembre 2014 et se sont poursuivies jusqu’à la fin du programme. Elles ont régulièrement été mises à jour et adaptées au public cible. Celles-ci seront désormais réalisées par les enseignants, les « brigades » de parents et les membres des différents comités de gestion de l’eau.

Grâce à la très forte implication des associations d’usagers de l’eau dans les dispositifs prévus et réalisés et à la participation des autorités , le nombre de puits équipés de pompes à bras et de sanitaires familiaux ou par regroupement communautaires a pu être supérieur à ce qui a été envisagé initialement. Désormais une trentaine de points d’eau potable et des dizaines de latrines réparties dans le barangay permettent à la population de voir ses conditions sanitaires très fortement améliorées.

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Sanitaires familiaux

 

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                                                        Puits

 

Trois ans après le passage du typhon le plus violent jamais enregistré par des agences de météorologie, grâce à l’implication de tous, partenaires, acteurs publics, populations et membres de Pompiers Solidaires , les engagements de reconstruction pris ont tous été atteints et certains largement dépassés. Pompiers Solidaires a appris énormément de ce programme et l’expérience permettra une meilleure efficacité sur ses autres programmes dans les domaines de l’eau, l’hygiène, l’assainissement et l’éducation.

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       Cérémonie de clôture du programme

 

 

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